L'homme va alors sur ses 33 ans. Deux semaines plus tôt, le 14 mai 1610, rue de la Ferronnerie près des Halles, François Ravaillac escalade le marchepied du carrosse royal et poignarde le roi Henri IV.
Né dans une famille de la noblesse de robe angoumoise, l'homme est un catholique fervent. Il travaille depuis ses onze ans pour gagner sa vie et occupe à présent un poste de maître d'école enseignant le catéchisme contre un salaire fort modeste. Mystique, il a des visions qui ont compromis son admission comme frère convers dans l'ordre des Feuillants puis à la Compagnie de Jésus. Ces mêmes visions l'ont convaincu, dira-t-il pendant les interrogatoires, que sa mission est désormais de tuer le roi Henri IV, cet ancien huguenot qui vient de déclarer la guerre à l'Espagne catholique.
Arrêté sur place juste après l'attentat, François Ravaillac est condamné à l'issue d'un procès rapide mais règlementaire qui échoue à prouver l'existence d'un complot organisé. Longuement supplicié en place de Grève, il expire en fin d'après-midi pendant son écartèlement.