Beethoven n'a jamais manifesté un intérêt particulier pour la religion bien que, comme tous ses contemporains en Europe, il fût naturellement baigné dans la culture et l'imaginaire chrétien. A l'instar d'autres compositeurs romantiques dont, par exemple, Berlioz, il a livré quelques oeuvres sacrées qui sont en fait des oeuvres théâtrales ou musicales exploitant les ressources dramatiques de la mythologie chrétienne.
Donné pour la première fois et dans des circonstances un peu acrobatiques au Théâtre an der Wien, à Vienne, l'oratorio Le Christ au Mont des Oliviers, opus 85 s'inscrit bien dans cette tradition qui, faute d'être pieuse au sens strict du terme, respecte l'esprit du texte tout en adaptant son esthétique à celle de l'époque.